Médias - Manipulations

Tchad : formation sur la « résilience face à la désinformation »

20.03.2026, 15:10

Soutenue par l’UE, cette initiative vise à renforcer les capacités des participants face aux « manipulations et ingérences informationnelles ».

Au Tchad, une formation sur la « résilience face à la désinformation » sera dispensée du 24 au 26 mars 2026 à N’Djamena à des professionnels des médias et de l’information. Cette initiative est portée par la délégation de l’Union européenne (UE), en partenariat avec Africa Check, une organisation de vérification de l’information, et WenakLabs, un hub d’innovation et incubateur de start-ups basé à N’Djamena.

Elle est destinée à des journalistes, fact-checkers, blogueurs, influenceurs et créateurs de contenus en ligne, communicants, ainsi qu’à des stagiaires et étudiants en journalisme ou en communication disposant d’une expérience pratique, a indiqué la délégation de l’UE. Il s’agit d’une « formation professionnalisante » visant à renforcer les capacités des participants, sélectionnés à l’issue d’un appel à candidatures, face aux « manipulations et ingérences informationnelles », a-t-on précisé.

L’objectif est d’approfondir leurs compétences en vérification de l’information et en détection des manipulations, d’analyser les mécanismes et les impacts des ingérences informationnelles, et d’échanger avec des formateurs spécialisés ainsi qu’entre pairs afin de favoriser l’apprentissage mutuel et le partage d’expériences.

La formation vise également à contribuer au renforcement et à la professionnalisation d’une communauté de journalistes et de créateurs de contenus attachés à l’objectivité, à la rigueur et au respect des principes déontologiques de l’information, ainsi qu’au renforcement durable de la résilience de l’écosystème informationnel tchadien.

Des campagnes de désinformation soutenues par des acteurs extérieurs

Dans un contexte de forte expansion numérique, la désinformation, les discours de haine et les théories du complot en ligne constituent une menace croissante pour la cohésion sociale et la stabilité des communautés dans de nombreux pays africains, un phénomène accentué par l’essor de l’intelligence artificielle (IA).

Des campagnes de désinformation, parfois alimentées par des acteurs extérieurs, visent à accentuer la polarisation de la société, à exacerber les tensions communautaires, à discréditer les processus démocratiques et à saper, de manière ciblée, la confiance dans les institutions, selon des analystes. Au-delà des objectifs géopolitiques et de politique intérieure, des motivations économiques contribuent de plus en plus à la propagation de la désinformation.

Une régulation insuffisante de l’espace numérique, le manque de compétences institutionnelles et citoyennes, ainsi que l’absence d’un journalisme de qualité figurent parmi les facteurs aggravants de ce phénomène. Dans ce contexte, la montée en compétences des journalistes s’impose pour sécuriser l’espace informationnel et protéger les populations contre les tentatives de manipulation, estiment des spécialistes.