Portrait

Agroalimentaire : une Camerounaise valorise les ressources locales

9.02.2026, 15:14

Elle est la promotrice d’une marque de produits agroalimentaires naturels qui se présentent comme des alternatives saines aux huiles industrielles importées.

Transformer localement pour créer de la valeur durable, c’est autour de cette conviction que la Camerounaise Riter Metiayim a construit sa marque de produits agroalimentaires naturels. Dénommée « Mârah », sa marque mise sur la richesse des ressources agricoles locales pour répondre à la fois aux enjeux de santé publique, de développement économique et de souveraineté alimentaire.

La gamme est composée aujourd’hui de neuf produits, comprenant des huiles vierges pressées à froid (sésame, arachide, pistache), des farines déshuilées issues des mêmes graines, ainsi que trois huiles piquantes en cours de finalisation. Ces produits, 100 pour cent naturels, se présentent comme des alternatives saines aux huiles industrielles importées. « L’avenir de l’Afrique passe par la transformation locale de nos ressources. Chaque graine de sésame, chaque arachide, chaque pistache que nous cultivons et transformons porte un potentiel immense, non seulement économique, mais aussi nutritionnel », déclare Riter dans un entretien accordé à la dpa.

Une transformation locale au cœur du modèle économique

« La transformation agroalimentaire est le chaînon manquant entre nos producteurs et nos consommateurs : elle permet de créer de la valeur ici, chez nous, tout en offrant des produits sains, naturels et compétitifs. Avec cette marque, nous voulons démontrer qu’il est possible de concilier rentabilité, santé et fierté locale », ajoute la promotrice de l’entreprise Bio-top-Commodity (BTC), qui distribue les produits Mârah. Distribuée dans près de 180 surfaces commerciales à travers le Cameroun, la marque collabore avec des coopératives agricoles de la région de Foumban, en veillant à limiter l’usage de pesticides. BTC revendique une approche zéro déchet, les sous-produits du pressage étant entièrement valorisés en farines alimentaires ou en aliments pour bétail.

Aujourd’hui, l’entreprise est en phase de montée en puissance. Sa capacité actuelle de production est de 3 tonnes par mois, mais les équipements existants permettraient d’atteindre, avec un accompagnement technique et financier, un niveau industriel compris entre 300 et 500 tonnes mensuelles.

Des ambitions régionales portées par un marché favorable

Selon Riter, l’accueil du marché est jugé « très encourageant », porté par une demande croissante pour des produits locaux, sains et naturels. À terme, l’ambition affichée de la Camerounaise est de faire de Mârah un acteur majeur de la transformation agroalimentaire au Cameroun et en Afrique centrale, contribuant à la souveraineté alimentaire, à la création d’emplois durables et à la revalorisation des cultures traditionnelles.