La BEI promeut la pêche durable en Mauritanie
29.07.2025, 07:13
La Banque européenne d’investissement (BEI), bras financier de l’Union européenne (UE), a accordé un prêt de 20 millions d’euros à la Banque El Amana (BEA), une banque commerciale mauritanienne de droit privé, pour améliorer l’inclusion financière des femmes et des jeunes dans l’économie bleue et la pêche durable en Mauritanie qui dispose d’une large façade maritime ouverte sur l'océan Atlantique. Au moins, 30 pour cent des financements seront destinés à des petites et moyennes entreprises (PME) dirigées ou détenues par des femmes, ou qui comptent une forte proportion de femmes dans leurs effectifs, a indiqué la BEI.
Par ailleurs, 30 pour cent sont également réservés aux entreprises dirigées ou détenues par des jeunes, ou qui emploient un grand nombre d’entre eux, a-t-on ajouté. Cette opération vise, a-t-on souligné, à renforcer les chaînes de valeur des produits de la mer, un pilier stratégique de la coopération entre la Mauritanie et l’UE, dans le cadre de l’accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD) qui promeut une gestion responsable des ressources halieutiques.
Toutes les entreprises du secteur de la pêche bénéficiaires du partenariat BEI-BEA devront s’engager à améliorer leurs pratiques et à obtenir des certifications environnementales internationales, notamment auprès du Conseil d’intendance des mers (MSC). Une assistance technique ciblée permettra d’accompagner cette transformation, a-t-on poursuivi. « En misant sur la pêche durable, un secteur stratégique pour l’économie mauritanienne, nous contribuons à préserver les ressources naturelles tout en favorisant des chaînes de valeur plus résilientes et inclusives (...) », a déclaré Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI.
En Mauritanie, l’accès des femmes au financement reste limité, en particulier dans les secteurs porteurs comme la pêche ou l’agrotransformation, a-t-on fait remarquer. L’objectif de créer des perspectives économiques durables pour la jeunesse mauritanienne s’inscrit pleinement dans le cadre du partenariat UE-Mauritanie en matière de migration, lancé en mars 2024 pour accroître l’emploi local, dans un pays où plus de 60 pour cent de la population active a moins de 35 ans, et pour renforcer la stabilité régionale, a-t-on rappelé.
Développer la chaîne de valeur des petits poissons pélagiques destinés à la consommation humaine
Le partenariat BEI-BEA s’appuie sur la collaboration entre, d’une part, la Banque allemande de développement (KfW) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ) et, d’autre part, plusieurs banques mauritaniennes, dont la BEA, afin de développer la chaîne de valeur des petits poissons pélagiques destinés à la consommation humaine, a-t-on poursuivi. En 2024, la KfW, qui agit pour le compte du gouvernement fédéral allemand, a accordé 20 millions d’euros à la Mauritanie pour y soutenir le secteur de la pêche.
Destiné au financement d'un projet d'appui au ministère de la Pêche, des infrastructures maritimes et portuaires, ce fonds permettra, en particulier, de soutenir la gestion durable des ressources marines, de contribuer à la protection des stocks nationaux de faune marine, et d'acquérir un navire de surveillance (bateau patrouilleur) au profit des garde-côtes afin de renforcer leurs capacités opérationnelles.
En Mauritanie, qui dispose d’un stock annuel exploitable de près 1,8 million de tonnes de poissons, la pêche est le deuxième secteur économique le plus important, après les mines. Il s'agit de l'un des principaux vecteurs de croissance, de sécurité alimentaire et d’emploi. Le secteur offre 226 000 opportunités d’emplois, dont 66 000 permanents, selon des statistiques officielles publiées fin 2022.